isnard sandrine
Résumé : La forme de croissance grimpante est apparue à plusieurs reprises au cours de l’évolution des palmiers dans des groupes phylogénétiquement éloignés. Parmi les 2700 espèces de palmiers décrites plus de 500 sont grimpantes. Ce travail s’intéresse à diverses espèces appartenant aux deux sous-familles comptant des formes grimpantes, les Arecoideae et les Calamoideae, respectivement distribuées en Amérique du Sud et en Asie du Sud-est. L’objectif de cette étude est de souligner les traits mécaniques, morphologiques et développementaux liés à l’accomplissement du port grimpant dans cette famille caractérisée par l’absence de croissance secondaire. Les résultats sont discutés au regard des hypothèses phylogénétiques récentes et sont comparés aux travaux antérieurs sur l’architecture mécanique des lianes dicotylédones. La première partie de l’étude concerne l’architecture mécanique et le développement des axes. Les résultats soulignent le rôle mécanique des gaines foliaires au cours du développement et mettent en évidence des adaptations spécifiques des axes pour le port grimpant dans chaque sous-famille.
La seconde partie s’intéresse à l’organisation morphologique et structurelle des organes d’attache (cirrhes et flagelles) caractérisant les palmiers grimpants. Les forces de rupture des crochets et acanthophylles et les variations des propriétés mécaniques le long des cirres et flagelles sont discutées en terme d’écologie, d’exploration de l’espace et d’accrochage de la plante sur ses supports.
Les résultats suggèrent que l’évolution convergente marquée vers le port grimpant a en réalité produit des architectures mécaniques spécifiques en fonction des affinités phylogénétiques des différents genres. Dans les deux sous-familles l’apparition de la forme grimpante pourrait résulter de processus hétérochroniques du développement impliquant une réduction de la phase d’établissement qui caractérise les palmiers arborescents.
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Calamus acanthospathus (Calamoideae) - Yunnan, Chine |